Hell Hounds (Soo/Phili/Kaa)

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Hell Hounds (Soo/Phili/Kaa)

Message par Soo Lin Yao le Dim 16 Juil - 22:16

Soo Lin contemple son visage dans le miroir de la salle de bain. Son nez est complètement remis et les hématomes de la nuit de pleine lune ne sont presque plus visibles sur son corps. Elle se rappelle, du temps où elle vivait encore à Kyrial, des injections que l’on donnait aux enfants de l’armée pour renforcer leur système immunitaire. Elle voit plus que jamais dans cette glace le visage d’une guerrière, d’une soldate. Il y a longtemps que le jeu a cessé d’être un jeu. Ce soir, elle se rend au front, sur les premières lignes. Et pour une fois, elle se sent prête. La meilleure défense est l’attaque, après tout.

Elle rejoint Philibert dans leur salon toujours aussi en désordre. Elle est vêtue d’une robe couleur bronze, assez courte et près du corps, sous une veste de cuir. Elle aurait, certes, préféré sortir en jeans et en vieille chemise ce soir-là, mais il serait imprudent d’attirer inutilement l’attention. Après tout, celui qui les as convoqué considère la discrétion comme sa plus fidèle arme. Devant Phili, une pointe d’inquiétude trace son chemin de sa poitrine jusqu’à sa gorge, mais elle la réprime d’une promesse catégorique : elle ne laisserait rien lui arriver ce soir.

— Je n’ai qu’une consigne, lui dit-elle d’un ton étonnement sérieux. Ne laisse personne me toucher. Je me fiche de tes méthodes.

Sur ces mots, elle enfile ses chaussures et sort de l’appartement pour aller s’installer dans le taxi qui les attends à la porte. Elle ne parle pratiquement pas durant le trajet, concentrée sur la petite carte d’affaires qui a été laissée dans leur boite aux lettres au début de la semaine. Il s’agit de la carte d’une boite de nuit assez obscure, le Cerberus, sur laquelle on a griffonné, juste en dessous du logo de l’établissement, une date et une heure. Ce soir. 23h. L’auteur de cette invitation, dans son insouciance habituelle, a ajouté « Je vous attends !» suivi d’un dessin de visage souriant. La chinoise reconnaitrait partout ces manières et cette petite écriture filiforme. Elle attend ce rendez-vous depuis longtemps. Celui qui se dit son allié va-t-il jouer cartes sur table, ce soir ?

Le taxi s’arrête devant le bâtiment qui arbore en façade, un molosse à trois têtes illuminé au néon. Le portier jauge la détective d’un oeil appréciateur, mais son regard se fait méfiant lorsqu’il se pose sur Philibert. Soo Lin lui remet la carte, qu’il examine en fronçant les sourcils.

— Il vous attends sur le toit, lui dit-il. Traversez la salle et empruntez l’escalier de service derrière la porte au fond là-bas.

À l’intérieur, c’est la catharsis du chaos. Les gens dansent sous une musique épileptique, transpercés de part et d’autre par des lasers et des stroboscopes. Plusieurs boivent, avalent des comprimés de toutes les couleurs, se touchent sans aucune pudeur et bougent comme si personne ne pouvait les voir. Soo Lin a du mal à se frayer un chemin à travers la foule jusqu’à la porte du fond. Dans l’escalier, elle sent encore sous ses pieds les pulsations rythmées de la musique trop forte. Le ciel est nuageux et sans lune lorsque Philibert et elle débarquent enfin sur le toit, dans l’air frais du soir. Assis sur une vieille bouche d’aération, un homme leur tourne le dos, le regard visiblement perdu dans l’observation des passants, plusieurs mètres plus bas. Soo Lin se racle la gorge mais il ne réagit pas.

— Bonsoir, Kaarasu, dit-elle en s’avançant de quelques pas.

Comme si on venait de le réveiller, il se tourne subitement vers les nouveaux venus. Un grand sourire prend place sur son visage.

— Vous m’avez fait attendre, les salue-t-il.
— Nous sommes là.

Il sourit de plus belle, puis s’adresse directement, cette fois, à l’homme de main qui est demeuré en retrait derrière sa patronne.

— C’est la première fois que nous nous rencontrons en bonne et due forme, lui dit-il d’un ton amical. Je suis Kaarasu, nous nous sommes échangés quelques messages lors de la dernière pleine lune, mais je crois que tu n’étais pas au top de ta forme, cette nuit-là. Enchanté.
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Re: Hell Hounds (Soo/Phili/Kaa)

Message par Philibert le Sam 22 Juil - 13:00

Pour une fois, Philibert n'était pas allongé sur le canapé, mais il y était simplement assis, les deux bras écartés sur le dossier et la tête en arrière appuyée sur le même dossier. Il contemplait encore et toujours ce plafond qu'il aurait pu connaître par coeur si seulement il y prêtait réellement attention.
Finalement, il fut tiré de sa rêverie lorsque sa patronne entra dans le chantier qui leur servait de salon.
Elle était vêtue d'une courte robe inhabituelle, ça fit même bizarre à l'acolyte qui la voyait rarement dans ce genre de tenue mais elle devait sûrement avoir ses raisons, et l'homme de main ne cherchait jamais à les deviner, il se disait tout simplement qu'elle avait raison.
Quant à lui, il était toujours habitué dans le même style, il changeait très rarement puisque ça pouvait passer plus ou moins partout et que ça lui évitait la corvée du shopping.

" — Je n’ai qu’une consigne, Ne laisse personne me toucher. Je me fiche de tes méthodes. "

Intérieurement, Philibert s'amusa de cette réaction. Depuis les événements du port, il ne laissait plus personne la toucher et il ressentait un étrange malaise lorsqu'elle se retrouvait toute seule pour diverses raisons. Cette idée l'effrayé. Même si il ne le disait pas, cette nuit là il avait eu extrêmement peur pour elle, et il s'en voulait profondément, il était hors de question que ça se reproduise, pas tant qu'il était capable d'agir ou même conscient.
Et puis en ce qui concernait les méthodes, il n'en mettait en place qu'une seule et c'est celle qui lui semblait la plus efficace. Il ne donnait pas dans la psychologie malheureusement, trop compliqué, pas assez claire.

Le trajet se fit sans embrouille jusqu'à leur lieu de rendez vous, une boîte de nuit côté ou des gens alcoolisés danser. Un lieu empli dans le charme pour le jeune homme qui soupirait encorei il avait du mal à changer sa nature, et ne le voulait pas d'un certains côté.
Le videur laissa passer la détective sans encombre mais hésita avec l'homme de main, il faut dire qu'il ne faisait pas preuve de bonne volonté.
Finalement, la belle chinoise régla toute l'affaire d'une simple phrase en montrant une carte, et voilà le duo qui se frayait un chemin au milieu de cette foule endiablée. Le brun n'hésita pas à jouer un peu des épaules, il ne voulait pas faire le moindre effort pour esquiver ses congénères complètement sous qui chahutaient sans le moindre intérêt...

Ils arrivèrent finalement sur le toit, au premier abord désert. Mais sa patronne entama une conversation :


— Bonsoir, Kaarasu.
— Vous m’avez fait attendre

Philibert remarqua la silhouette sombre sur sa bouche d'aération finalement lorsqu'il se retourna vivement. Il arqua un sourcil et se contents d'observer la suite. Il n'était pas le cerveau du groupe et n'avait aucune idée de la raison de leur venue. Probablement un indicateur ? Le brun accompagné souvent son ancien patron quand il partait à la recherche d'information. Non, techniquement il le suivait partout sauf si il avait des missions particulières mais loin de la légalité à accomplir.
Mais le prochains mots de cet homme furent pour l'ancien mafieux :

— C’est la première fois que nous nous rencontrons en bonne et due forme. Je suis Kaarasu, nous nous sommes échangés quelques messages lors de la dernière pleine lune, mais je crois que tu n’étais pas au top de ta forme, cette nuit-là. Enchanté.

La dernière pleine lune ? Philibert arqua un sourcil, qui parlait encore de cette façon ? Pour quelle raison le brun aurait il retenu la dernière nuit où la lune occupait toute la place dans l'obscurité ?
Et des messages ? Personne ne lui envoie de messages en dehors de Soo pour diverses raisons ou ...
Mais la vérité le frappa, le message anonyme la nuit de l'enlèvement. C'était le seul message dont il pouvait s'agir.
Son cerveau bien plus vif que son corps, l'acolyte qui aurait dû le remercier chaleureusement pour cette information, répondit sans bouger d'un seul millimètre le fixa et répondit :

- Si tu savais et que tu avais mon numéro, pourquoi t'as attendu si longtemps ? J'aurais pu la sauver.

Son ton n'était pas menaçant ou méchant, il était incroyablement neutre. Philibert n'arrivait pas à se pardonner pour cette nuit là. Il avait fait une fixation sur son échec cuisant, si il n'était pas aussi fainéant il se serait frappé de rage, puisque lui qui n'a jamais rien fait de sa vie avait failli perdre la seule bonne chose qui lui était arrivé miraculeusement alors qu'il ne le méritait pas. Il se détestait tellement qu'il en avait oublié ce message anonyme, et toutes les questions qui l'entouraient. Tout ce qu'il voulait était de retrouver Soo cette nuit là.

- T'as 30 secondes, j'aime pas les blablas inutiles.
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Philibert

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