"The" Woman (Lucy/Soo)

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"The" Woman (Lucy/Soo)

Message par Lucy Eldnoah le Dim 28 Aoû - 22:23

Soo Lin se présente sur le seuil d’un loft dans un des immeubles les plus luxueux de Sakihovet. Les murs aussi polis que des miroirs lui renvoient son reflet stoïque : celui d’une jeune femme soignée et professionnelle : une fois n’est pas coutume, ses cheveux sont noués en chignon sur sa nuque au lieu de trainer sur ses épaules comme de longues trainées d’encre. Au bout de quelques secondes, une jeune femme vient lui ouvrir. Malgré l’heure avancée de l’après-midi, elle n’est vêtue que d’une fine nuisette de dentelle rouge, rehaussée d’un peignoir de soie orangé sur lequel sont savamment brodés des motifs de fleurs et de dragons orientaux. Ses longs cheveux blonds coulent comme des ruisseaux d’or sur sa silhouette jusqu’à ses hanches et sont ornés d’un large nœud rouge. Un joyau couleur de feu brille au-dessus de sa poitrine, retenu par une chaine en or. Il n’y a pas à dire, sa tenue ne laisse pas énormément de place à l’imagination.

— Bonjour, lui dit-elle, un sourire sur ses lèvres peintes d’écarlate. Tu viens pour me questionner, c’est bien cela ?
— C’est bien cela.

Lucy recule pour laisser entrer la détective. Le vaste loft, très bien rangé, est parsemé de pétales de roses et, sur la table à café repose une bouteille de vin et deux coupes en cristal.

— Tu attends un rendez-vous galant ? demande Soo Lin, agacée par toutes ces couleurs chaudes qui brouillent sa concentration.
— Je ne l’attends plus, à vrai dire. Je te sers un verre ?
— Sans façon.

Ne jamais ingérer quoique ce soit de la part d’un adversaire, élémentaire. Soo Lin s’installe dans un fauteuil en face de l’idole et la détaille avec scepticisme.

— Qu’en déduis-tu ?

Tiens, avait-elle entendu parler d’elle ? Cette visibilité toute récente n’étais pas spécialement une bonne chose pour une détective privée.

— Tu essaies de faire de l’effet en déstabilisant par une tenue révélatrice, voulant aussi me faire comprendre par là que tu n’es pas comme la majorité des gens et que je ne pourrai donc pas user de mes techniques habituelles sur toi. De plus, la façon dont tu as ajusté le ruban sur ta tête tout à l’heure me porte à croire que tu y dissimule quelque chose qui ne devrait pas y être. Un micro, je présume ?

Avec un sourire en coin, Lucy tend la main pour défaire son nœud.

— Oh, tu n’as pas à l’enlever. Je n’ai rien à faire que notre conversation soit enregistrée.

La blonde sourit toujours.

— Et bien j’attends tes questions, dans ce cas.

Soo Lin a été engagée par nulle autre que Jonathan Mirai pour mettre la main sur un contrat compromettant que garderait cette jeune idole à son sujet. Elle a beau ne pas énormément apprécier le jeune PDG, elle a vu dans cette proposition une intéressante occasion d’explorer les rouages de l’élite d’Asheimkai, et puis il s’agit d’un contrat très payant, et dans l’état ou Philibert et elle ont déniché leur nouvel appartement, un peu plus de financement ne leur fera aucun tort.

— Tu sais pourquoi je suis ici, reprend la chinoise. Tu m’attendais de pied ferme et tu t’es documentée sur moi. Naturellement, toutes ces couleurs chaudes que tu portes, c’est fait exprès car tu as entendu dire que ça m’empêchait de réfléchir et tu t’es dit que ce serait rigolo de le tester. De par cette tactique qui m’en apprend sur ta nature provocatrice, je serais prête à parier que le document que je cherche se trouve dans cette pièce.

Elle s’esclaffe et embrasse la pièce du regard.

— Je te remercie, confirme Soo Lin avec sa première esquisse de sourire de la journée.

Elle se lève et se met à examiner tablettes et étagères.

—Pourrais-tu me parler de ta relation avec monsieur Jonathan Harker Mirai ?

— Harker ?

— Tous les Mirai possèdent deux prénoms. C’est une sorte de tradition familiale, à ce que l’on m’a dit.

L’actrice roule les yeux, exaspérée, et avale une longue gorgée de vin avant de répondre.

— Je ne le connais pas. On se ressemble physiquement et toutes sortes de rumeurs sont nées de cette ressemblance, mais je n’ai décidément rien à voir avec cet homme.

— Je vois…

Tout en continuant ses déductions secondaires dans le but de l’épater, Soo Lin sort son téléphone et envoie un texto à Philibert sans même regarder son écran :

« Mets le feu. »

Au son de l’alarme, Lucy regarde machinalement vers le miroir dans le coin de la pièce. Suivant son regard, la détective se lève.

— C’est curieux comme le feu dévoile tout de suite nos priorités… remarque-t-elle en s’approchant de la glace. Habituellement, les gens cherchent leurs enfants, lorsqu’une alarme comme ça retentit. Tu ne possèdes rien de plus précieux que ce contrat, pas vrai ?

Elle inspecte les bordures, puis l’arrière du miroir, cherche un tiroir, une porte cachée, puis s’arrête en fixant la glace.

— Oh, murmure-t-elle, pour elle-même. Bien-sûr.

C’était son reflet qu’elle regardait, pas le miroir. Damnées couleurs chaudes. Elle se rapproche du canapé et vient s’asseoir près de Lucy, qui s’est remise à sourire en comprenant qu’il ne s’agissait pas d’un véritable incendie.

— Il est sur toi ?
— Vas-tu me fouiller ? Je serais très coopérative…

Soo Lin attrape les pans de son kimono et, d’un geste sec et désintéressé, le fait glisser sur ses épaules. Allons, elle porte si peu de tissu, il ne peut pas y avoir beaucoup de cachettes possibles.

— Comment sais-tu que ce n’est pas mon corps, ce que j’ai de plus précieux ?

Leurs visages sont maintenant très proches, sans que la chinoise n’y porte vraiment attention. Sa main gauche est posée sur sa taille et la droite tient son épaule. Un éclat de concentration luit dans ses yeux. Lucy lui prend délicatement le visage du bout des doigts et le remonte pour la forcer à la regarder.

— Tu ne cherches pas au bon endroit, lui dit-elle juste avant d’unir ses lèvres aux siennes.

Soo Lin se raidit sous ce contact. Lucy en profite pour approfondir le baiser, passant un bras autour de sa taille pour se hisser presque au-dessus d’elle, son autre main s’aventurant dans ses cheveux. Elles sont comme la nuit et le jour, ainsi enlacées. Les doigts fins de la détective viennent effleurer la clavicule de Lucy et tirent sur le bijou qu’elle porte en pendentif. Elle se sépare d’elle aussitôt et retourne la pierre. Rien du tout.

—Bien entendu…
— Tu vas devoir travailler plus fort si tu veux m’arracher la moindre information…
— Je n’ai pas besoin d’autres informations, répond Soo Lin en se levant.

Lucy repasse son peignoir sur ses épaules et se sert une coupe de vin. Ses yeux suivent avec attention son invitée qui se dirige de nouveau vers son miroir.

— Je t’ai cru audacieuse, ce fut mon erreur, dit-t-elle en ouvrant le miroir comme une armoire, dévoilant une série de fins crochets où la blonde accroche ses bijoux. J’ai cru que tu désirais me défier, t’amuser un peu avec moi, mais au fond… (elle accroche le joyau rouge et cueille un petit bracelets à breloques banal) jamais tu ne te serais risquée à me recevoir dans la pièce où tu gardes le contrat, encore moins à porter la clef de ton coffre-fort à ton cou, n’est-ce pas ?

Le sourire frivole de Lucy a prit un pli pincé lorsque la détective s’est emparée du bracelet.

[color=#1c0f75— Je t’ai cru amusante, mais au fond tu n’es qu’une lâche parmi tant d’autres. [/color]

Soo Lin se met à examiner les breloques du bracelet et arrache celle en forme de clef.

— Une lâche qui n’arrive même pas à accepter son propre nom, hum ? Mademoiselle Lucy Wilhelmina Mirai ?

Le regard de la blonde se fait plus dur. Avec un sourire qui n’a plus rien de chaleureux, elle ouvre le tiroir près de son fauteuil et sort un paquet de cigarettes et un briquet. Elle s’en allume une et la glisse entre ses lèvres.

— Le garçon qui est avec toi sur les photos dans le journal, c’est ton copain ?

L'affaire du parc d'attraction leur a valu quelques apparitions sur la presse publique, rendant leur travail un peu plus chargé.

— Nous habitons et travaillons ensemble.
— C’est tout ? Aurais-tu donc les mêmes préférences que moi ? demande Lucy en soufflant la fumée loin de son visage aussi angélique que celui de son frère. Il n’est pas loin, n’est-ce pas ? N’as-tu pas peur qu’il soit jaloux, s’il nous trouve dans cette situation?
— Pourquoi ? Je lui laisserais ma place avec joie.
— Je parie que tu es son ultime fantasme.
— Je me considère comme assez observatrice, soupire Soo Lin. Je remarque ces choses-là.
— Ah oui ?

Jusqu’à maintenant, elle a toujours un peu considéré Phili comme un être asexué. Se mettre à envisager qu’il puisse avoir des désirs… pour elle ou surtout pour d’autres est un sujet vertigineux sur lequel elle n’a pas spécialement envie de se pencher.

La sirène d’un camion de pompiers résonne alors en bas de la fenêtre et Soo Lin estime que le moment est bien choisi pour déguerpir.

— Bonne nuit, mademoiselle Mirai, dit-elle en emportant avec elle la petite clef du bracelet.

Rapidement, elle envoie un message texte à Philibert pour lui dire de la rejoindre à l’arrière de l’immeuble et file en empruntant l’escalier de secours.

— Oh, Soo Lin ?

Elle se retourne, déjà lasse de la situation.

— Je ne te veux pas de mal, moi. Le plus loin tu te tiendras de lui, le plus tu seras en sécurité.

Une fois son invitée sortie, Lucy compose un numéro sur son téléphone portable. Un radieux sourire se dessine sur ses lèvres lorsque son interlocuteur répond.

— Nô ? C’est Lucy. Aurais-tu un peu de temps à m’accorder sur les ondes ce soir ? J’aurais une anecdote très croustillante à raconter à tes auditeurs…
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Lucy Eldnoah

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